Pub, médias, Internet : le grand chambardement

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Maurice Lévy est président du groupe Publicis, Alain Lévy est président de StartUp Avenue et de Weborama. Les deux générations que la “numérisation” a rapprochés confrontent leurs analyses.

Maurice Lévy, comment la publicité et les médias vont-ils évoluer dans un monde où les innovations se succèdent à toute vitesse ?

Maurice Lévy : Face aux technologies nouvelles, nos temps de réponse sont trop longs. Il faut accélérer. Nos sociétés sont à un point d’inflexion. Songez au temps que passent les internautes à s’informer, à se documenter, à se former, à travailler, à se distraire et à établir des relations entre eux : tout cela prend le pas sur les autres moyens de communication. Cela modifie les comportements, les attentes. Par exemple, les gens pensent que l’information doit être gratuite, que la musique est une marchandise. Il y a quantité de services qu’ils n’acceptent plus de payer. La vitesse des changements est telle que les schémas anciens de communication sont périmés. L’idée de faire une grande campagne de publicité à la télévision, avec des relais dans d’autres médias, est un schéma qui appartient au passé.

Vous, Alain Lévy, vous créez des technologies dont se servent les publicitaires sur Internet. De quoi s’agit-il ?

Alain Lévy : D’un ensemble de techniques de connaissance des comportements des internautes qu’on appelle les Web analytics. Mon entreprise, Weborama, conçoit des outils qui sont placés sur les sites pour compter leur nombre de visiteurs, et d’autres qu’on place sur le navigateur de l’internaute (des “cookies”), et qui analysent sa navigation. Pour les annonceurs, l’intérêt est grand. Quand une publicité s’affiche, on sait si l’internaute a cliqué dessus, si ensuite il a acheté, combien il a dépensé. Ce qui permet d’évaluer l’efficacité des campagnes.

M. L. : Ces nouvelles possibilités ne signifient pas que la télévision ou la presse sont caduques. Celles-ci ont encore leur place, et une place prépondérante puisque aujourd’hui, ce sont 92 % des investissements publicitaires qui vont dans ce domaine. Demain, en 2010, ce sera encore 88 %, mais entretemps la part du Web aura doublé.

A. L. : La télévision restera prépondérante, mais elle sera numérique. Cela veut dire que tout ce qu’on peut faire sur Internet, on pourra le faire avec la télévision. Des campagnes ciblées, interactives…

Et la presse écrite ?

M. L. : Je considère que la presse joue un rôle essentiel comme ferment de nos démocraties. L’essor du Net lui pose un problème parce qu’une partie de la publicité bascule vers ces nouveaux médias. La presse est plus lourde sur le plan publicitaire : les espaces sont figés. Il n’y a ni mouvement, ni son, ni musique. C’est donc un mode d’expression assez limité pour les annonceurs. Résultat, ils coupent le plus facilement les budgets des journaux.

La presse possède deux avantages, qu’elle exploite plus ou moins bien. Le premier, c’est une marque. Dans l’univers Internet, il est plus facile de s’orienter quand on connaît le nom du site, par exemple lemonde.fr. Le second avantage, c’est que la presse a une maîtrise de l’information : elle sait la sélectionner, la traiter, la hiérarchiser. Elle doit tirer parti de cet atout face au foisonnement des messages. Mais le temps presse, si j’ose dire.

A. L. : Au risque d’être politiquement incorrect, je crois que les carottes ne sont pas loin d’être cuites. La mutation des médias classiques vers le numérique prendra du temps, et, pour la recherche d’information, Google est en train de rafler la mise. Les générations dites “natives”, qui sont nées avec Internet, ont zéro fidélité envers des marques de contenu. En revanche, elles ont besoin d’avoir tout de suite ce qu’elles veulent, et pas beaucoup plus. C’est un devoir d’éducation de leur transmettre l’idée qu’on peut aller plus loin que l’info brute. Moi, quand je lis une information sur le Net, il m’arrive d’avoir un doute et de vérifier dans les journaux. Mais j’appartiens à la dernière génération qui a ce réflexe. Les suivantes seront celles du tout-numérique.

M. L. : Les marques de journaux qui sauront faire la mutation vers le Net sont celles qui vont gagner. C’est déjà ce qui se passe aux Etats-Unis. Le New York Times, le Wall Street Journal abandonnent de plus en plus les espaces payants pour profiter de la fréquentation de leurs sites, et valoriser leur audience. Cela me fait dire qu’il y a un avenir pour la presse, mais plus le même, et plus seulement sur papier.

Et pour le secteur de la publicité, quelle doit être la stratégie ?

A. L. : La vraie question est de savoir quelle relation les grands acteurs de l’Internet entretiennent avec la technologie : doivent-ils la posséder, maîtriser l’ensemble des outils, ou au contraire laisser des entreprises nouvelles se mesurer aux très grands ? Google, il faut lui reconnaître ce mérite, a inventé le modèle économique de l’Internet. C’est grâce à lui qu’une page vue égale des euros, alors qu’avant elle valait zéro. Mais nous sommes entrés dans une nouvelle ère depuis que la Commission européenne a autorisé le rachat par Google de DoubleClick, le leader mondial de la publicité en ligne. Sa prédominance devient sans partage…

M. L. : Google est imbattable sur la recherche des mots, le “search”. DoubleClick a la maîtrise des bannières. La conjonction des deux donne une force considérable. Publicis a donc jugé bon, dans l’intérêt de ses clients, de parvenir à un accord avec Google et de travailler avec lui.

A. L. : J’ai un point de vue différent. La puissance de Google est fondée sur une technologie très efficace, une capacité à accumuler et à analyser des données inégalée jusque-là. Cela lui donne les moyens d’acheter tout ce qui bouge. C’est une espèce de grande faucheuse qui attaque tous les acteurs, tous les médias : les télécoms, la publicité, la communication numérique au sens large. C’est ainsi que Google, le symbole de l’hyperconcurrence des marchés, finit par tuer toute concurrence.

Comment les métiers de la pub vont-ils évoluer avec les nouvelles technologies ?

M. L. : C’est le point essentiel. Quand on fait une campagne à la télévision ou dans la presse, on lance les ordres, on attend, et à la fin de la campagne, on mesure les effets et on ajuste le tir pour la vague d’après. Et on recommence le cycle de manière indéfinie…

A. L. : Désormais, on peut faire la même chose en temps réel. Dès qu’il y a un clic, il s’imprime sur l’écran. Pour un annonceur, cet outil est grisant : un clic, et le chiffre d’affaires s’implémente. On n’a pas besoin d’attendre le verdict des hommes de l’art. C’est là que mon père et moi avons un désaccord. Je pense qu’à terme les plus gros annonceurs vont vouloir maîtriser tout ce processus. Du coup, le métier de l’agence va se retrouver cantonné à l’aspect créatif, qui sera d’ailleurs très important puisque nous allons vers un modèle : une personne, un comportement, une “créa”. La technologie va s’en mêler, donc Google va entrer sur ce marché.

M. L. : C’est ignorer comment Google fonctionne. Son rendement vient du fait que tout est automatisé. Il met beaucoup d’ingénieurs, un déploiement d’intelligence considérable pour développer un outil. Mais, une fois que l’outil est au point, c’est terminé, il fonctionne avec très peu de main-d’oeuvre. Dans la communication, on met très peu de gens pour penser les outils, et on en met énormément pour penser les besoins spécifiques de chaque annonceur. Les deux modèles économiques sont à l’opposé l’un de l’autre.

Quelles sont les prochaines étapes de la “numérisation” généralisée ?

A. L. : On ne connaîtra pas seulement le consommateur à travers son ordinateur. On le suivra dans la vraie vie. C’est ce sur quoi travaille une autre société que j’ai aidée à démarrer, Majority Report. Elle fait la même chose que Weborama, mais dans la réalité : analyser les trajectoires, comprendre les comportements des clients sur le lieu de vente. Les technologies du Net vont rayonner dans notre univers, et pas seulement dans les médias. Par exemple, on pourra compter exactement le nombre de personnes dans une manifestation.

Ce tout-numérique, qu’implique-t-il pour notre société ?

A. L. : C’est une vraie question. Moi, comme utilisateur, que suis-je prêt à tolérer ? Que suis-je prêt à donner comme informations sur ma vie ? Le terme “tracking”, qui désigne le suivi statistique des comportements sur Internet, signifie “suivre à la trace”, c’est assez épouvantable. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), en France, veille à ça, mais elle a un peu de mal à appréhender tout ce qui se passe. Chez Weborama, en tout cas, nous veillons à n’avoir aucune donnée qui permette de relier notre analyse d’un comportement à un individu. Ce sera un enjeu majeur dans les années qui viennent. Le consommateur est de plus en plus conscient de l’exploitation des traces qu’il laisse.

On touche à la liberté ?

M. L. : C’est vrai que nous entrons dans le monde de Big Brother, et qu’il existe des moyens d’établir une traçabilité des comportements. On peut savoir à partir des technologies du GPS où se trouvent les gens grâce à leur téléphone portable, on peut suivre leur voiture, savoir où ils vont, ce qu’ils achètent, ce que sont leurs échanges de communication. Nous sommes dans une société de communication qui peut mettre en danger les libertés publiques et la vie privée.

Sous l’aspect publicitaire, il y a un autre danger, qui est celui de l’intrusion. Par exemple, vous visitez un site automobile, le publicitaire peut intervenir et vous faire une offre plus intéressante. Chez Publicis, nous résistons à cela parce qu’il s’agit vraiment d’une intrusion. Nous pensons que les gens n’accepteront pas qu’on regarde ce qu’ils font par-dessus leur épaule.

Audience de MarocZik.com

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Aujourd’hui, MarocZik.com génère près de 4 millions de visites, et plus de 12.000.000 d’affichages par mois!

Notre nombre de visiteurs uniques absolus avoisine les 2 millions, et touche ainsi plus de 30% des internautes marocains! ( estimés à 6.1 millions selon CIA FactBook).

De plus, notre audience constituée principalement par des étudiants, fais de notre site le 1er site pour Jeunes marocains.

Pour une documentation et des statistiques plus détaillées, prière de contacter notre régie agréée ou réaliser une demande sur notre site.

L’ePub et la mesure

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L’un des avantages majeur de l’e-publicité est la précision des mesures que l’on peut en extraire.

Nous évoluons dans un système où la recherche de rentabilité est le moteur de toutes les actions d’une entreprise. Les récents développements témoignent des efforts de structuration et rationalisation de l’ensemble des processus. La traçabilité est une exigence incontournable.

Au même titre, l’e-publicité permet aux annonceurs d’obtenir des données très précises sur un grand nombre d’indicateurs concernant leurs campagnes. Ainsi, il est possible de connaître le nombre exact de personnes ayant vu un message publicitaire, le lieu et l’emplacement de visualisation, le comportement face au message ainsi que toutes les actions subséquentes : visite d’une fiche produit, demande d’information, achat…

Toutes ces informations une fois collectées et analysées permettent à l’annonceur de mieux comprendre la portée de son message, l’efficacité de son dispositif, les éventuels axes d’amélioration, et surtout son retour sur investissement.

Pour que sa valeur soit prenne tout son sens, ce dernier point nécessitera de la part des annonceurs des aménagements spécifiques, car ce qu’a permis Internet, nul autre Media ne l’a permis : la maîtrise bout en bout du cycle de vente sans rupture de chaîne. Quelques clics séparent la visualisation d’une réclame pour des vacances de rêves et l’achat du séjour. La dégradation de la valeur du message est faible, et l’agence de voyage maîtrise au sein d’un unique environnement l’ensemble de son processus.

Démarrer dans l’e-pub ?

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Tôt ou tard, pour de multiples raisons vous serez amenés à intégrer Internet dans vos plans media. Seul problème, par quel bout commencer ? Il est important de déterminer avant tout la forme d’e-pub qui corresponde le mieux à votre campagne.

Il existe essentiellement à ce jour trois catégories distinctes de campagnes comportant chacune des modes de fonctionnement et d’évaluation spécifiques : les campagnes basées sur le volume, les campagnes basées sur la performance et l’e-mailing. Les formats adoptés peuvent être multiples : bannière graphique, vidéo ou tout simplement du texte comme c’est le cas pour les liens sponsorisés Google.

Les campagnes basées sur le volume sont largement utilisées pour faire passer des messages, installer une marque, faire connaître un produit. La motivation de l’annonceur est plus tournée vers l’acquisition d’un message par la cible recherchée.

Par opposition, les campagnes basées sur la performance n’ont comme seul objectif de déclencher un évènement particulier en ligne : la saisie d’un formulaire, une demande d’information, l’achat d’un produit ou d’un service.

Ces deux formes conditionnent le mode d’évaluation du coût de vos campagnes. Les campagnes au volume ont un coût proportionnel à la quantité de bannières distribuées, tandis que les campagnes à la performance sont valorisées proportionnellement au nombre d’occurrences de l’évènement attendu quelle que soit la quantité de message délivrés. Dans ce dernier cas, c’est le prix unitaire d’une occurrence qui est déterminé : une fiche prospect, un clic, un achat.

Qu’est ce que l’e-Publicité ?

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L’e-pub représente toute forme de publicité effectuée de manière électronique. Les principaux supports utilisés sont le PC, les téléphones portables, les assistants personnels, les consoles de jeu. Elle est matérialisée le plus souvent par des bandeaux graphiques intégrés à des sites Internet, par du texte et des liens sponsorisés dans les moteurs de recherche ou encore, plus récemment, par de la vidéo (rich media).

Aujourd’hui l’e-pub représente 7% des investissements publicitaires dans le monde et 10,8% en France avec des progressions annuelles de l’ordre de 40%. Il ne sera bientôt plus possible de ne pas intégrer Internet dans les plans média. C’est donc un challenge que devront rapidement relever tous les acteurs du marché.

En effet, pour ne pas passer à coté du potentiel qu’offre Internet, l’annonceur devra l’avoir intégré en amont dans sa stratégie de commercialisation et mis en œuvre les processus de traitement au cœur de sa relation clients. Les agences de communication devront comprendre, assimiler et maîtriser les principes de fonctionnement de l’e-pub, très analogues aux média classiques mais susceptibles de décontenancer à prime abord. Les centrales d’achat seront confrontées à des achats d’espaces d’une nature différente.

L’e-pub est un domaine extrêmement précis où la statistique et l’analyse quantitative sont des disciplines fondamentales. Tous les ingrédients sont présents pour que l’annonceur soit en mesure d’évaluer avec précision sont retour sur investissement et l’on ne se contentera plus d’exécuter un média plan mais on pilotera en temps réel une campagne par la rentabilité.

L’e-pub repose sur des structures technologiques complexes dont il faut comprendre au moins les grands fondements pour mettre à son avantage un media encore mal exploité au Maroc.

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