A Propos d’Adwebmaroc
CRÉATEUR NOMADE PAR VOCATION
Après une classe préparatoire au sein du prestigieux Lycée parisien Saint-Louis, Soufian Aboulfaouz intègre l’Ecole Spéciale des Travaux Publics (ESTP). A la fin de l’année 1995, après un stage de fin d’études chez l’industriel Bouygues où il se frottera à la réalité du chantier, il rejoint la filiale marocaine du même groupe à Rabat. Le titanesque chantier d’envergure nationale de Sala El Jadida correspond à son aspiration profonde de créer et d’organiser. «Ma contribution visible et palpable à l’émergence d’une véritable ville à la place de ce qui à l’époque n’était qu’un vaste champ m’a enivré» explique-t-il. Parallèlement, la pénibilité physique et morale ainsi que la rudesse et l’agressivité inhérentes à ce cadre professionnel interpellent le jeune ingénieur et déclenchent chez lui un processus de réflexion qui le conduira à démissionner en 1998 sans avoir préparé sa transition professionnelle. Qu’à cela ne tienne, quelques mois plus tard, une rencontre privilégiée avec Ismaël Douiri - un des dirigeants de CFG Group, une banque d’affaires- l’incitera à rejoindre les rangs de l’équipe informatique de cette institution financière. Face à ce changement drastique de secteur, S. Aboulfaouz explique qu’ «Ismaël Douiri, polytechnicien de formation, avait lui aussi opéré au cours de sa carrière une reconversion radicale et considérait que la structure mentale ainsi que le tempérament et la capacité à appréhender de nouveaux concepts pour restituer de la valeur étaient plus importants que la connaissance d’un secteur.» Le jeune homme troque donc ses bottes de chantier contre la moquette du monde des finances. Pour aborder et comprendre ce nouvel univers, il n’entreprend aucune formation mais se plonge avec boulimie dans la lecture d’ouvrages financiers.
La passion dévorante d’entreprendre
Assoiffé d’une liberté inassouvie au sein du monde de l’entreprise, sa passion d’entreprendre et de créer prend finalement le dessus pour aboutir, en 2000, à la naissance de Sicodex, une société de développement informatique à forte coloration financière. Cinq ans plus tard, S. Aboulfaouz accepte des responsabilités stratégiques au sein même de Finance.Com, son actionnaire principal, sans perdre de vue les activités de Sicodex. Dès 2006, ce fonceur invétéré toujours à l’affût de nouveautés identifie une opportunité d’affaires inédite dans le secteur de la publicité. Avec l’accord de son employeur, il commence à structurer un nouveau projet qui aboutit quelques mois plus tard à la création d’AdWebMaroc, la première régie publicitaire en ligne au Maroc. A la fin de l’année 2007, il abandonne donc les finances pour se consacrer exclusivement, aux côtés d’une équipe de cinq personnes dont fait partie son épouse, au développement international d’AdWebMaroc notamment sur la région du Maghreb.
Fi de la monotonie !
Profondément marqué par l’existentialisme et, par conséquent, épris de liberté, S. Aboulfaouz rappelle qu’ «exister, c’est se créer son propre référentiel». Et la passion de créer - exacerbée par un indéniable goût du risque – constitue le fil conducteur incontestable de son parcours professionnel à rebondissements multiples. «Mon plus grand bonheur est d’essayer et de démarrer de nouvelles activités» confie cet insatiable entrepreneur. Après le démarrage d’un projet, il s’ennuie cependant rapidement. Pour combattre cette monotonie, il change de métier. Pas encore quadragénaire, il compte déjà trois métiers à son actif et bon nombre de réussites même si, selon ses dires, «celles-ci ne sont pas encore à la hauteur de ses ambitions». Doté d’une énergie sans borne, il souligne que les composantes personnelles et professionnelles de la vie sont indissociables et que « la sérénité affective aux côtés d’une personne synchrone lui est indispensable pour avoir la force d’opérer une transition».
Persuadé que le nomadisme professionnel est l’une des clés de la réussite, S. Aboulfaouz s’inspire des marchands d’épices de l’Antiquité et du Moyen-Âge. «Ceux qui réussissaient le mieux étaient en effet ceux qui se déplaçaient et non les sédentaires» explique-t-il avant de citer également le «Dictionnaire du XXIème siècle» de Jacques Attali dans lequel l’auteur préconise un retour en force du nomadisme dans tous les secteurs. Dans cet optique, l’ex ingénieur se déplace avec une facilité déconcertante d’un métier à l’autre.
Bannir la peur
Parfois qualifié d’insensé, par un entourage plus angoissé que lui, au seuil d’une nouvelle aventure professionnelle, l’infatigable initiateur s’étonne que tant de gens préfèrent subir des situations professionnelles insatisfaisantes plutôt que d’oser tenter une réorientation. «Pour provoquer la chance et donc la réussite, il faut s’exposer et prendre des risques» affirme-t-il. La peur semble cependant être absente du registre de ses sentiments. Ni la crainte de ne pas être à la hauteur, ni celle d’un revers financier ou d’un échec ne semble réellement affecter ou inhiber cet homme au caractère bien trempé. Dépourvu de toute arrogance mais animé d’une grande confiance en sa capacité à absorber des connaissances et des compétences diamétralement opposées à sa formation et son expérience, S. Aboulfaouz affiche assurance et sérénité. Et, la réalité semble lui donner raison car, hormis le secteur des travaux publics étroitement lié à sa formation initiale, c’est en parfait autodidacte qu’il aborde d’abord le secteur des finances et, plus récemment, celui de la communication. Il reconnaît cependant volontiers que le chemin de la connaissance est probablement plus court lorsqu’il s’appuie sur une formation. Peu lui en importe, il compense par un travail personnel acharné de mise à niveau. « La peur de perdre certains acquis matériels constitue généralement un des freins principaux à la liberté d’entreprendre» constate-t-il. Or, bien qu’il ne soit absolument pas rentier, S. Aboulfaouz se dit complètement détaché des contingences matérielles. «Nombreux sont ceux qui se laissent enchaîner par le poids de leurs traites pour une somptueuse villa» observe-t-il avant de poursuivre «vivre dans une piaule d’étudiant ne m’effraie nullement si j’estime que c’est un point de passage obligé pour réaliser mes projets». Quant à l’échec, en optimiste impénitent, il le considère comme salutaire pour en tirer des leçons positives. «Les grands entrepreneurs ne réussissent pas toujours du premier coup» dit-il avant de citer Steve Jobs, le patron d’Apple, et de s’en référer au phénix, cet oiseau mythique symbole de la résurrection après le chaos. «Certaines personnes se régénèreront toujours et, hormis les cas de force majeure tels un accident ou une maladie, il existe toujours une solution de repli» rajoute-t-il. Il aime aussi le concept physique de résilience qui, transposé en psychologie, désigne la faculté à ne pas se laisser aller face à l’adversité mais au contraire à revivre grâce à des qualités individuelles et aux opportunités de l’environnement.
Résilient, Soufian Aboulfaouz l’est certainement et la capacité à rebondir en toutes circonstances de cet homme patient, jamais à court d’idées innovantes, ne fait aucun doute et laisse même présager quelques beaux succès.
Article paru sur Essor - Ecrit par Françoise Giraudon







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